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“ Récit, monographies, portraits, cas, ce 68 est multiforme ; s’il fallait le rapprocher d’un ouvrage, du moins par sa structure, ce serait peut-être de l’entreprise des Lieux de mémoire, avec ceci de différent toutefois qu’il tire sa force du récit et des renvois, qui répondent à la difficulté de traiter d’un événement et des successions chronologiques, en même temps que d’inscrire dans un temps plus long certains processus. ” Guillaume Calafat

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11 avril 1968

11 avril 1968
Attentat contre Rudi Dutschke, leader du SDS (Socialistischer Deutscher Studentenbund) à Berlin

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@ dpa (site Welt.de)

“ Les groupes de guérilla urbaine qui se forment au début des années 1970 en Allemagne fédérale - dont la Rote Armee Fraktion (RAF, Fraction armée rouge) est le plus connu, mais pas le seul - s’inscrivent-ils dans la continuité du mouvement social de la seconde moitié des années 1960, ou bien en marquent-ils le terme ? La question de la relation entre le terrorisme et les mobilisations du “long mai” allemand s’est posée dès l’apparition des premiers groupes armés.La possibilité de parler d’un “Mai 68″ en Allemagne est due à un effet d’homogénéisation rétrospectif des événements qui ont affecté les démocraties occidentales que “1968″ ou le “Mai français” sont progressivement venus désigner de manière générique. La temporalité réelle des évenements est toutefois légèrement décalée. En Allemagne, les événements de “1968″ démarrent  au printemps 1967 et s’étendent jusqu’au début de l’année 1969. Loin d’être aujourd’hui apaisée et de releverdu seule débat historiographqiue, la querelle sur leur interprétation a gagné au contraire en acuité à mesure que la “décennie rouge” devenait davantage un enjeu de la mémoire nationale outre-Rhin.  ” Dominique Linhardt

- 68, une histoire collective [1962-1981] (page 470) -

La success story de la 4L

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Afghanistan en 4L en 1976 @ Vincent Perrot

” Pendant plus de deux décennies, la 4L incarne la France, celle de la fonction publique que l’on renverse sur les boulevards pour former une barricade, mais elle devient aussi la voiture des tractages devant les usines perdues au fond de la banlieue, le véhicule de la liberté, celle des occupants du Larzac et des hivers en Ardèche. […] Surtout, en devenant la voiture des contestataires, de nouvelles fonctionnalités sont inventées. Le toit décapotable permet de transformer l’auto en tribune mobile, où un militant se tient debout avec un mégaphone. Surtout, chacun s’approprie sa 4L : certains la peignent avec des fleurs ou des couleurs de l’arc-en-ciel, d’autres la couvrent de lignes noires semblablent à celles du zèbre. D’une mécanique rudimentaire, on la répare, l’arrange facilement. Objet de consommation, la 4L est retournée et devient même parfois outil de contestation. Sa fameuse cinquième porte est ainsi progressivement constituée en lieu d’inscription des engagements de son conducteur : autocollants des groupes indépendantistes régionaux, de défense de la langue d’oc ou des enfants de la Terre. Elle fait discours là où elle passe et là où on la gare. ” Philippe Artières

- 68, une histoire collective [1962-1981] (page 685) -